Chaque matin, dans un petit appartement au troisième étage d’un immeuble un peu grinçant, je suivai un rituel immuable : fenêtre entrouverte, tartines beurrées, et surtout une tasse de Ricoré bien chaude.
Un jour, pressé par un rendez-vous important, j´ai versé la poudre sans vraiment regarder… et en mit trois fois trop. La boisson devint si dense qu’elle ressemblait presque à une potion mystérieuse. En haussant les épaules, je la bue quand même.
Ce que je ne savais pas, c’est que ce matin-là allait être… étrangement productif.
Dans le métro, je trouvai une place assise immédiatement. Au travail, je résolu en une heure un problème qui bloquait toute l´équipe depuis des jours. Même la machine à café — pourtant réputée capricieuse — fonctionna parfaitement quand j´appuyai sur le bouton.
À midi, intrigué, je repensai à ma Ricoré surdosée. Et si ce n’était pas un hasard ?
Le lendemain, je tentai l’expérience à nouveau. Même dosage exagéré, même résultat : une journée fluide, presque trop parfaite.
Très vite, cela devint une habitude… puis une petite superstition. Jusqu’au jour où, par mégarde, je revins à une dose normale.
Ce jour-là, rien ne se passa vraiment mal. Mais rien ne se passa exceptionnellement bien non plus.
Depuis, j´hésite encore : est-ce la Ricoré… ou simplement le fait de croire que la journée commence déjà bien ?